Blogue : Un faux positif

Date de publication : 2017-08-20

Au cours d'une discussion perdue, je ne sais plus où ou quand, j'ai entendu cette belle expression "Un faux positif". Le contexte... l'origine des croyances, dieux, divinités et superstitions.

On parle de faux positif (test positif à tort) ou de faux négatif (test négatif à tort) quand le résultat du test est contraire à la réalité/vérité. Un faux positif est le résultat d'une prise de décision dans un choix à deux possibilités (positif et négatif), déclaré positif, là où il est en réalité négatif. (Source : Wikipédia).

Pour comprendre la relation entre un concept de la statistique et le surnaturel, il faut mettre tout cela en perspective. Imaginez-vous il y a environ 200 000 à 300 000 ans... petit groupe de moins d'une douzaine de marcheurs-cueilleurs, vous êtes à la recherche de nourriture et d'un gite temporaire pour la nuit. Vous avez avec vous tout ce que vous avez de plus précieux. La nuit tombe, vous vous cachez dans la cime des arbres un enfant dans les bras. Vous avez déjà appris la notion de la mort, vous avez appris à fabriquer les premiers artefacts funéraires. Là vous attendez en silence. Sous la couverture d'étoiles, à la fois mi-émerveillé, mi-endormie, vous êtes à l’affût du moindre bruit, signe d'un danger... Puis soudain, un craquement dans la nuit. Est-ce un fauve, un ennemi mortel qui s'approche ? Vous ne pouvez bouger, vous avez alors le premier réflexe de prier en silence. D'invoquer le soleil ou les nuages blancs. Vous vous dîtes si vous vous en sortez vous et vos proches, ce sera grâce à une force surnaturelle... une divinité bienveillante, qui répond à vos prières, à vos offrandes....

Le jour se lève et vous êtes sain et sauf. Vous remerciez les divinités de vous avoir protégé du danger... Somme toute, vos craintes dans ce cas spécifiques étaient mal fondées... bonjour faux positif.

On est bien loin de la méthode scientifique : observation => formulation d''hypothèses et d'une théorie => prédiction et expérimentation, etc.

Par contre, en chacun de nous, il y a toujours cette peur de la mort, de l'inconnue... S'il y a une chose que les humains ont en commun, c'est assurément cette peur. Comme le dit Voltaire : "Si Dieu n'existait pas il faudrait l'inventer". En d'autres mots, il semble bien que les hommes aient besoin des dieux pour vivre.

Quant à moi, l'origine, l'existence et le développement des religions structurées (en milieu de concurrence) répondent assurément à des besoins et fonctions sociales et économiques. De fait, les religions ne sont assurément pas un outil de changement social. Poutine est le dernier exemple d'une utilisation profitable de l'appareil religieux à des fins politiques. On peut dire la même chose de la structure politique américaine où l'on courtise avec une efficacité suisse les instances religieuses du "Bible Belt", etc. Il ne faut pas minimiser les externalités négatives de cette symbiose entre le pouvoir politique et les instances religieuse, dont le rejet de l'enseignement des théories de l'évolution de Darwin pour un créationnisme ridicule ; un lobby pro-vie qui limite l'accès aux préservatifs et soins de santé pour les femmes entre autres...

Mon sujet m'amène un peu loin de l'analyse de données. J'en arrive à mon propos final. J'ai donc décidé de tester les dieux. De voir et de mesurer si ce besoin est plus puissant que la raison. Lors de mon dernier blogue, j'ai assurément été assez épaté quant au nombre de visiteurs. En rappel, j'ai mis en ligne un petit module qui permet d'inférer l'âge moyen d'un ressortissant français. Cette fois, je mets en ligne un module qui permet de générer un profil "ésotérique ou divinatoire" selon les définitions. Pour les puristes, j'ai suivi à la lettre la méthodologie. Le test est prêt, combien de personnes vont aller consulter leurs profils numérologiques ?

Allez-vous tenter l'expérience ? Voici le lien Numérologie. Je vous reviens dans le prochain article avec le décompte quant au nombre de visiteurs ! Ma prédiction, cela va générer plus de visiteurs que mon module précédent sur les cohortes d'âges et l'âge moyen selon le prénom...

Résultat des derniers résultats de la compilation : Le module de numérologie se classe premier quant à sa popularité ! En somme, depuis 300 000 ans on n'a peut-être pas changé autant que l'on croit. La peur et l'espoir nous habitent en silence et guident toujours nos choix...